1. Dieu a parlé clairement: l’argent consacré Lui appartient… et a une destination précise
Dans la Bible, Dieu n’a jamais laissé flou l’usage de ce qui Lui est offert.
La dîme et les offrandes ne sont ni des fonds privés, ni un salaire déguisé, ni un outil d’ascension sociale pour des leaders religieux.
La Torah est explicite:
«Alors viendront le Lévite, qui n’a ni part ni héritage avec toi, l’étranger, l’orphelin et la veuve, qui seront dans tes portes, et ils mangeront et se rassasieront, afin que l’Éternel, ton Dieu, te bénisse dans tous les travaux que tu entreprendras de tes mains.» (Deutéronome 14:29)
Ici, Dieu fixe quatre bénéficiaires, dont l’étranger, c’est-à-dire le gèr — l’étranger résident, vulnérable, sans protection, équivalent du réfugié aujourd’hui.
Détourner la dîme de ces bénéficiaires, c’est détourner ce que Dieu a explicitement affecté, c’est désobéir ouvertement à Dieu.
2. Le péché n’est pas l’argent, mais son détournement
La Bible ne condamne pas l’existence de ressources.
Elle condamne leur usage injuste.
Dieu avertit sévèrement:
«Un homme trompe-t-il Dieu? Car vous me trompez, Et vous dites: En quoi t’avons-nous trompé? Dans les dîmes et les offrandes.» (Malachie 3:8)
Ce texte est souvent utilisé pour faire pression sur les fidèles afin qu’ils donnent davantage.
Mais le contexte montre autre chose:
Le reproche de Dieu ne vise pas ceux qui donnent peu, il vise ceux qui gèrent mal ce qui a été donné.
Car un peu plus loin, Dieu précise ce qu’Il attend:
«Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, Afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison…» (Malachie 3:10)
Quand l’argent destiné:
à l’étranger,
au pauvre,
au réfugié,
est détourné vers le luxe religieux,
Dieu est trompé deux fois :
dans l’intention et dans l’exécution.
La Bible va plus loin:
elle affirme que Dieu refuse les offrandes qui ne sont pas accompagnées de justice.
Dieu dit:
«Je hais, je méprise vos fêtes, Je ne puis sentir vos assemblées.
Quand vous me présentez des holocaustes et des offrandes, Je n’y prends aucun plaisir; Et les veaux engraissés que vous sacrifiez en actions de grâces, Je ne les regarde pas.
Éloigne de moi le bruit de tes cantiques; Je n’écoute pas le son de tes luths.
Mais que la droiture soit comme un courant d’eau, Et la justice comme un torrent qui jamais ne tarit.» (Amos 5:21–24)
Ce texte est une condamnation directe:
d’un culte actif,
de sacrifices abondants,
mais vidés de compassion.
Dieu ne se réjouit pas d’un argent donné en son nom quand cet argent ne relève personne.
3. Le scandale moderne: quand les “serviteurs de Dieu” se servent eux-mêmes
Aujourd’hui, dans de nombreuses églises:
la dîme est exigée, parfois sous pression spirituelle,
présentée comme une clé de bénédiction,
associée à la peur, à la malédiction ou à la promesse de prospérité.
Mais où va réellement cet argent ?
Il est regrettable de remarquer que cet argent, sert, dans trop de cas, à enrichir des pasteurs, apôtres ou prophètes autoproclamés,
à financer des villas, des voitures de luxe, des styles de vie inaccessibles aux fidèles, à alimenter une hiérarchie religieuse déconnectée de la souffrance réelle.
Pendant ce temps:
les réfugiés dorment dans la précarité, les veuves sont abandonnées, les étrangers sont ignorés.
Bibliquement, cela s’appelle un détournement sacrilège.
«Malheur à ceux qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l’apparence de longues prières.» (Matthieu 23:14)
Jésus ne s’attaque pas aux païens ici, mais aux responsables religieux.
4. Jésus s’identifie explicitement à l’étranger
Jésus enlève toute ambiguïté possible.
«J’étais étranger, et vous m’avez recueilli… Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites.» (Matthieu 25:35–40)
La conséquence est grave:
Détourner l’argent destiné à l’étranger, c’est détourner ce qui était destiné au Christ lui-même.
Refuser au réfugié,
c’est refuser au Seigneur.
5. Jésus confirme et radicalise cette dénonciation
Jésus n’a jamais attaqué les pauvres.
Il a attaqué les chefs religieux qui exploitaient la foi.
«Gardez-vous des scribes… qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l’apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement.» (Marc 12:38 — 40)
Ce verset est capital.
Il montre que:
le détournement religieux existait déjà, Dieu le considère comme un crime moral.
Et Jésus va plus loin:
«Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites.» (Matthieu 25:40)
Détourner l’argent destiné aux réfugiés, c’est dépouiller le Christ Lui-même.
6. Le paradoxe historique: ce sont les États qui financent les réfugiés
Voici maintenant un fait dérangeant.
Aujourd’hui, l’aide massive aux réfugiés n’est pas financée par les églises, mais par des États.
À titre indicatif (chiffres récents, ordre de grandeur) :
Les États-Unis contribuent à hauteur de plus d’un milliard de dollars par an aux programmes de réfugiés.
L’Allemagne, la Suède, la France, la Norvège, le Japon, l’Union européenne versent des centaines de millions de dollars chaque année.
Ces fonds financent:
nourriture,
abris,
soins médicaux,
eau potable,
éducation,
protection juridique.
Ce sont donc des gouvernements laïcs, non religieux, qui accomplissent concrètement ce que Dieu a ordonné depuis des millénaires.
7. Et les églises ?
Dans l’ensemble:
leur contribution financière globale aux grandes crises de réfugiés est faible ou marginale,
leurs fonds sont majoritairement absorbés par:
leur fonctionnement interne,
leurs bâtiments,
leurs dirigeants.
Exception notable
L’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours se distingue par:
une aide humanitaire réelle,
une implication structurée,
une contribution identifiable aux réfugiés.
Mais même cette contribution reste minime à l’échelle mondiale, comparée aux milliards injectés par les États.
8. Le verdict biblique est sans appel
Dieu ne se laisse pas impressionner par les titres religieux.
«Quand ce peuple s’approche de moi, Il m’honore de la bouche et des lèvres; Mais son coeur est éloigné de moi, Et la crainte qu’il a de moi N’est qu’un précepte de tradition humaine.» (Ésaïe 29:13)
Une foi qui accumule et n’aide pas l’étranger
est une foi désaccordée de Dieu.
Conclusion: un scandale contre Dieu, pas seulement contre les hommes
Le scandale n’est pas que les églises manquent d’argent.
Le scandale est que l’argent donné à Dieu ne va pas là où Dieu l’a ordonné.
Lorsque des États font ce que l’Église devrait faire,
lorsque des gouvernements protègent l’étranger pendant que ceux qui prétendent être des “serviteurs de Dieu” s’enrichissent, alors le problème n’est plus politique, il est spirituel et prophétique.
«On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; Et ce que l’Éternel demande de toi, C’est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde, Et que tu marches humblement avec ton Dieu.» (Michée 6:8)
Tout le reste n’est que religion vide.
Apôtre Dr Jean-Claude SINDAYIGAYA
