Il est des heures dans l’histoire
où Dieu ne descend pas avec le tonnerre,
mais se lève dans la voix d’un être humble.
Il ne parle pas depuis le ciel,
Il parle depuis un cœur abandonné à Lui.
Maman Hallelujah n’est pas seulement le nom d’une femme.
C’est le nom d’un cri chargé de sens,
un mot ancien, sacré,
qui traverse les siècles
et porte en lui la louange la plus pure.
Hallelujah vient de deux mots hébreux :
Hallel — louer, célébrer avec ferveur,
et Yah — le Nom saint et abrégé de l’Éternel.
Dire Hallelujah,
ce n’est pas simplement s’exclamer,
c’est proclamer :
«Louez l’Éternel, Lui seul est digne !»
Ce mot ne décrit pas Dieu,
il l’invite.
Il ne raconte pas la victoire,
il l’annonce avant qu’elle ne soit visible.
La Bible nous rappelle :
«Dieu siège au milieu des louanges de Son peuple».
Là où le Hallelujah est vrai,
Dieu s’installe.
Et là où Dieu s’installe,
la peur perd son trône.
Octobre 1993.
Le Burundi est plongé dans le sang.
Après l’assassinat du président Ndadaye,
la haine ethnique envahit les collines.
À Buhoro, en province de Gitega,
la mort circule sans honte.
Françoise Kangabe venait d’y arriver.
Deux jours seulement dans une famille de rwandais qui résidait près de la paroisse et du dispensaire.
Deux jours,
et déjà la rumeur de l’attaque qui court dès le matin:
«Cachez-vous… ils arrivent.»
Ils arrivèrent.
Des hommes armés de machettes,
leurs lames encore marquées du sang
de familles tutsies massacrées avant elles.
Ils criaient vengeance:
«Il faut les tuer.
Leurs frères au Rwanda tuent les nôtres.»
Les paroles humaines échouèrent.
Les supplications furent étouffées.
La mort se croyait maîtresse du moment.
Alors, au cœur de cette nuit en plein jour,
une femme se leva intérieurement.
Sans arme.
Sans stratégie.
Mais habitée par l’Esprit.
Et de sa bouche jaillit :
“Hallelujaaaaaaaah !”
Ce n’était pas un mot jeté au hasard.
C’était une confession de foi.
Un acte d’adoration au milieu du massacre.
Un refus de reconnaître la mort comme souveraine.
Et le ciel répondit.
Le chef des assaillants s’arrêta.
La machette descendit.
La décision changea.
Les paroles changèrent :
«Ces gens ne méritent pas d’être tués,
ils méritent d’être protégés et nourris.»
Ce jour-là, à Buhoro,
le Hallelujah sauva des vies.
Non par sa sonorité,
mais par la Présence qu’il portait.
Voilà la valeur spirituelle du Hallelujah :
il déplace l’autorité.
Il arrache le pouvoir à la peur
pour le remettre à Dieu.
Il proclame la seigneurie de Dieu
là où tout semblait perdu.
Depuis ce jour,
ce Hallelujah ne s’est plus éteint.
Dans les assemblées,
sous l’onction du Saint-Esprit,
il jaillit encore par la voix de Maman Hallelujah.
Et chaque fois, quelque chose change.
Parce que le Hallelujah n’est pas une habitude religieuse,
c’est une position spirituelle.
Maman Hallelujah nous enseigne ceci :
louer Dieu,
ce n’est pas ignorer la réalité,
c’est proclamer une réalité plus haute.
Aujourd’hui encore,
Dieu cherche des voix
qui diront Hallelujah
quand tout appelle au silence.
Car lorsque le Hallelujah monte de la terre,
le ciel descend.
PRIÈRE:
Seigneur,
dépose en nous un Hallelujah
qui ne dépend pas de nos circonstances,
mais de Ta souveraineté.
Quand la peur crie,
que notre voix Te loue.
Quand la mort menace,
que notre louange T’intronise.
Fais de nos vies
des lieux où Ta gloire habite,
et de nos voix
des instruments de salut.
Amen.
Apôtre Dr Jean-Claude SINDAYIGAYA
